Budget 2021 : Soyons responsables

Budget 2021 : Soyons responsables

 

La décision du conseil municipal de proposer au budget 2021 une augmentation de la fiscalité locale conduit l’opposition municipale à développer un discours bien peu crédible.

Retour sur les épisodes précédents :

Les finances de notre commune sont en déficit chronique du fait de recettes insuffisantes et d’une charge de la dette accumulée qui nous place bien au-delà des régles comptables : notre capacité de désendettement (le temps mis pour rembourser la dette) avoisine les 40 années contre une moyenne de 6 années et un seuil d’alerte fixé à 10 ans.

 La charge de la dette explosera notamment du fait d’un emprunt signé par la municipalité précédente. Ledit emprunt, rappelons-le, fut assorti à sa signature en guise de garantie d’un engagement à augmenter la taxe foncière ET la tarification des prestations municipales. Aurait-on oublié de vous le dire à l’époque ?

Rappelons simplement que l’augmentation de la fiscalité locale fut d’ailleurs « omise » durant la campagne électorale par ceux qui avaient pourtant une parfaite connaissance de notre situation financière.

Alors qu’essaie-t-on de nous faire croire ? La réalité est que les élus de la nouvelle majorité font aujourd’hui face aux conséquences de choix antérieurs en prenant des orientations cohérentes avec le mandat qui les lie aujourd’hui aux Carbonblanais :

Le dialogue : en réalisant la concertation décidée par la majorité précédente sur le site Lacoste, la ville a choisi d’écouter la position sans équivoque de tous ceux qui se sont exprimés. Ce dialogue a conduit à renoncer à la vente du site à un promoteur immobilier (Nexity). En suivant la position de ses habitants, la ville a renoncé aux recettes que M Turby avait anticipées dans le montage de son projet. Rappelons qu’un premier mandat consacré aux démolitions (Halle Favols, Gymnase, équipements publics non rénovés) devait être suivi d’un second dédié aux ventes des fonciers publics pour engager en 2022 le remboursement de l’emprunt lié au projet des écoles (emprunté en une fois à un taux fixe nettement supérieur aux taux de marché actuels). 

Qu’auraient fait nos élus d’opposition face aux mêmes conclusions de la concertation ?

La solidarité : Le manque de recettes municipales est la conséquence de choix anciens comme celui de ne pas avoir supprimé l’abattement de 15% sur la Taxe d’habitation au moment où la réforme annoncée en rendait l’impact limité pour les contribuables, beaucoup d’autres communes l’ont fait : la perte de recettes accumulées pour la ville est supérieure à 1million d’euros . En rester là pourrait compromettre la qualité du service public attendue et délivrée à nos enfants, à nos familles, à nos anciens et pour notre cadre de vie. La proposition de notre municipalité est réfléchie et transparente, le rapport d’orientation budgétaire est précis face à une situation alarmante. Inutile de se perdre en polémiques. Les marges de manœuvre sont étroites et les besoins de nos concitoyens sont réels et se renforceront. La restructuration du dialogue des parties prenantes au sein du CCAS en témoigne chaque jour. Quitte à perturber une petite musique qui plane dans l’air du temps libéral et individualiste, rappelons que les Carbonblanais ont fait le choix de la solidarité, que cette commune est la nôtre et que l’impôt est notre bien commun au service de tous et de chacun.

La responsabilité : Carbon-Blanc, avec une capacité d’autofinancement annuelle négative et peu de réserves est dans une situation intenable au-delà de deux ans et cela, alors même que les actions du nouveau mandat devront s’étaler dans le temps. On peut bien entendu regretter à grand bruit la baisse constante et insoutenable de la Dotation Générale de Fonctionnement des communes. C’est effectivement une question majeure, cependant la question est nationale et il serait irresponsable de se contenter de cette dénonciation. Ceux qui choisissent de gouverner plutôt que de rester en marge ont moins la liberté de se contenter d’une vision parcellaire des choses.

Nos élus doivent donc aujourd’hui rétablir un équilibre structurel des finances de notre commune pour pouvoir aller de l’avant et lancer les actions pour lesquelles ils ont été élus. 

Il faut pouvoir engager les évolutions nécessaires durables et raisonnées: en matière de consommation et de production énergétique, de maintien de la biodiversité, d’aménagement de nos espaces par la création d’îlots de fraîcheur face au réchauffement climatique qui rendra, si nous ne nous y préparons pas, notre cadre de vie insupportable avec la multiplication des canicules.

La crise économique qui vient dans la foulée de la crise sanitaire oblige également à maintenir les services publics, en particulier pour les plus fragiles d’entre-nous.

Quand on arrive aux commandes, on ouvre les placards et ce qu’on y trouve n’est pas toujours très beau à voir. La responsabilité veut qu’on sache y faire face, sans perdre le cap.

Cette décision courageuse est celle qui nous permet de rester maître de notre destin commun. Ne pas le faire conduirait à une mise sous tutelle préfectorale

Alors soyons solidaires et gardons la tête froide.